La dictée douroise : la dictée, les explications et les tests
Voici le texte de la dictée douroise, pour les trois catégories (juniors, amateurs et pros) ainsi que les explications. Toutes deux réalisées par Daniel Charneux.
Les tests (qui ont servis à départager les éventuels ex-æquo) ont été écrits par Christian Lelièvre.
Si vous êtes patients et savez encore attendre une petite semaine, vous aurez droit au mp3 de la dictée. Cela vous permettra de faire la dictée dans les mêmes conditions que ce dimanche
Les ouvrages de référence sont :
La dictée douroise : Les rois dourois
Les rois dourois n’ont pas le sang bleu, palsambleu ! Hormis peut-être Albert dont une rue porte le nom, ce Saxe-Cobourg-Gotha qu’Élisabeth de Bavière appelait son doux roi, nos couronnés sont, comme le charbon, de basse extraction. Nous eûmes le roi de la bière qui de son belvédère expédiait de tous côtés des camions de bonne saison. Dans cette cave boraine, une ale eût détonné. Nous hébergeâmes le roi du câble, notre athénée fut décrété royal, et nos fanfares méritent aussi cette épithète. César, le roi de la frite, nous affriole, le samedi soir, d’alléchants fumets. Et, quel que fût l’opprobre où le tenaient ses méfaits, Moneuse, roi des brigands, baptisa une brasserie où l’on se chauffe les pieds sans risquer d’être détroussé.
(fin pour les juniors)
Si l’Auvergne a ses puys, le Rouergue ses avens, Dour a ses puits, ses veines, ses terrils. Si le Lot a son Rocamadour, Dour a son roi du rock alternatif. Flash-back… Dans les années cinquante, un charroi monte en grand arroi la rue de l’Enfer. Des pages en livrée bleu roi précèdent le souverain qui brandit son sceptre. Ils approchent et nous dessillent : en place de palefroi, un cheval de trait ; au lieu de livrées, des bleus de travail. Le sceptre ? Une rivelaine. Dans les cabarets enfumés, ils manient rois ou manillons. Le dimanche, ils tirent sur la place Verte, et l’arc aussi a son roi éphémère. Ce ne sont ni or ni encens ni myrrhe que les mages se sont plu à leur offrir, mais poussière, grisou, silicose.
(fin pour les seniors amateurs)
Et ce qu’oient les Dourois dans les soirs de juillet, ce ne sont ni la diaule ni l’ophicléide, ni les accents des buccins ou des ouds. Ouïr ici une appogiature, un gruppetto ou un rythme louré serait comme trouver un hapax dans un lai oublié. Ce n’est point ici que vibrent les cors des hérauts. Ici, les héros arborent crêtes d’Iroquois, chemises rocouées, ou d’étranges hardes : roquelaures surannées, bandanas bigarrés, douteuses queues-de-morue, pet-en-l’air pastel, knickerbockers orange ou beiges, ils ont du chien, les amoureux du rockabilly, du hip-hop ou du reggae. Tandis que les machines de scène mettent le feu à la vieille plaine houillère où, hier encore, défilaient les herscheurs, les Dourois se tiennent cois.
(fin pour les seniors professionnels)
Daniel CHARNEUX
Quelques précisions.
La mine, désaffectée, est toujours présente, témoin les chevalements démesurés qui, tels des squelettes noircis par le temps, dominent la grande plaine immobile. Je ferme les yeux… Dans les entrailles de la terre, les haveurs essoufflés procèdent à l’abattage de la roche tandis que les raucheurs consolident les travers-bancs horizontaux à l’aide de bastaings grossièrement dégrossis.
Amateurs :
Le chef porion surveille l’exhaure des eaux drainées, venant des albraques creusées au tréfonds de la terre et contrôle le volume des stots laissés en place sciemment. Les bures bien aérés retiennent toute son attention.
À l’extérieur de la mine, nimbés de lumière sous un soleil radieux, des enfants blond cendré cueillent des narcisses parfumés.
Professionnels :
À quelques lieues de là, dans la forêt semper virens, le long du ségrais et de la groie, se déplaçant à vau-vent, les chiens courants du vautrait halènent ragots et quartaniers. Quand sonnera la curée, ils se repaîtront avec des délices insoupçonnées de ces suidés zirables, une fois les laisser-courre venus.
Christian LELIEVRE
Cette dictée est les tests seront disponibles la semaine prochaine en mp3. Vous pourrez donc la réaliser chez vous et vous tester
Cette dictée et ces tests sont propriétés de l'asbl MonDour.be, Daniel Charneux et Christian Lelièvre.
Partager écrit par joël, le vendredi 5 mars 2010 à 12:30 ::
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Publication > par joël, le vendredi 5 mars 2010 à 12:30 ::
Détails > 2 blablas :: [catégorie Dour] :: billet #66611 ::
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Voici le texte de la dictée douroise, pour les trois catégories (juniors, amateurs et pros) ainsi que les explications. Toutes deux réalisées par Daniel Charneux.Les tests (qui ont servis à départager les éventuels ex-æquo) ont été écrits par Christian Lelièvre.
Si vous êtes patients et savez encore attendre une petite semaine, vous aurez droit au mp3 de la dictée. Cela vous permettra de faire la dictée dans les mêmes conditions que ce dimanche
Les ouvrages de référence sont :
- pour l’orthographe, le Petit Larousse illustré 2010, le Nouveau Petit Robert de la langue française et le Petit Robert des noms propres (éditions 2010) ;
- pour la grammaire, le Dictionnaire des difficultés de la langue française, par Adolphe V. Thomas (Larousse).
La dictée douroise : Les rois dourois
Les rois dourois n’ont pas le sang bleu, palsambleu ! Hormis peut-être Albert dont une rue porte le nom, ce Saxe-Cobourg-Gotha qu’Élisabeth de Bavière appelait son doux roi, nos couronnés sont, comme le charbon, de basse extraction. Nous eûmes le roi de la bière qui de son belvédère expédiait de tous côtés des camions de bonne saison. Dans cette cave boraine, une ale eût détonné. Nous hébergeâmes le roi du câble, notre athénée fut décrété royal, et nos fanfares méritent aussi cette épithète. César, le roi de la frite, nous affriole, le samedi soir, d’alléchants fumets. Et, quel que fût l’opprobre où le tenaient ses méfaits, Moneuse, roi des brigands, baptisa une brasserie où l’on se chauffe les pieds sans risquer d’être détroussé.
(fin pour les juniors)
Si l’Auvergne a ses puys, le Rouergue ses avens, Dour a ses puits, ses veines, ses terrils. Si le Lot a son Rocamadour, Dour a son roi du rock alternatif. Flash-back… Dans les années cinquante, un charroi monte en grand arroi la rue de l’Enfer. Des pages en livrée bleu roi précèdent le souverain qui brandit son sceptre. Ils approchent et nous dessillent : en place de palefroi, un cheval de trait ; au lieu de livrées, des bleus de travail. Le sceptre ? Une rivelaine. Dans les cabarets enfumés, ils manient rois ou manillons. Le dimanche, ils tirent sur la place Verte, et l’arc aussi a son roi éphémère. Ce ne sont ni or ni encens ni myrrhe que les mages se sont plu à leur offrir, mais poussière, grisou, silicose.
(fin pour les seniors amateurs)
Et ce qu’oient les Dourois dans les soirs de juillet, ce ne sont ni la diaule ni l’ophicléide, ni les accents des buccins ou des ouds. Ouïr ici une appogiature, un gruppetto ou un rythme louré serait comme trouver un hapax dans un lai oublié. Ce n’est point ici que vibrent les cors des hérauts. Ici, les héros arborent crêtes d’Iroquois, chemises rocouées, ou d’étranges hardes : roquelaures surannées, bandanas bigarrés, douteuses queues-de-morue, pet-en-l’air pastel, knickerbockers orange ou beiges, ils ont du chien, les amoureux du rockabilly, du hip-hop ou du reggae. Tandis que les machines de scène mettent le feu à la vieille plaine houillère où, hier encore, défilaient les herscheurs, les Dourois se tiennent cois.
(fin pour les seniors professionnels)
Daniel CHARNEUX
Quelques précisions.
- « le roi de la bière » : Fondée en 1927, la « Société Anonyme Brasseries Cavenaille-Frères » emploie 80 personnes. Sa bière fétiche est la « saison » (la saison est un type de bière de saison belge brassée généralement l'été). Les propriétaires créent une hostellerie dans le corps de l’ancienne tour des machines, ils aménagent un parc, un théâtre de verdure, des terrains de tennis, une piscine et un ballodrome. Le Belvédère devient un site de détente dans les années 50-60, on y organise des fêtes de la bière avec orchestres, vedettes et tournois de tennis et de jeux de balle. En 1967, les brasseries Cavenaille vendent l’entièreté du complexe à l’État qui y installe un internat pour l’Athénée Royal de Dour.
- « ale » : Bière anglaise fabriquée avec du malt pâle, peu torréfié, et avec addition de houblon cru.
- « le roi du câble » : Les Câbleries de Dour (Câbleries et Corderies du Hainaut), rachetées en 1989 par Nexans, ont longtemps été le principal employeur de la commune.
- « Moneuse » : Antoine-Joseph Moneuse (Marly 1768 - Douai 18 juin 1798), célèbre brigand, « capitaine des chauffeurs du Nord » mourut guillotiné sur la place de Douai. Une bière lui rend hommage aujourd'hui, la "Moneuse".
- « terrils » : Pluriel de « terril » (ou « terri »).
- « Rocamadour » : Site touristique du Lot (ou « rocamadour », fromage de chèvre produit dans le Quercy).
- « son roi du rock alternatif » : Le festival de Dour est un festival européen de musiques alternatives se déroulant chaque été à Dour, sur le site de la Machine à Feu. Il fêta en 2008 sa vingtième édition.
- « dessillent » ou « décillent » : De « dessiller » ou « déciller » (amener quelqu’un à voir ce qu’il ignorait ou voulait ignorer).
- « rivelaine » : Pic mince à deux pointes qui servait autrefois à faire à la main une saignée dans la pierre ou le charbon pour en faciliter l'abattage.
- « ils manient rois ou manillons » : À la manille, jeu de cartes le plus populaire du Borinage, la carte la plus haute est le dix (ou « manille »), suivie de l’as (le « manillon »).
- « ils tirent sur la place Verte » : Le tir à l’arc fut pratiqué sur la place Verte (ou « Trichères ») jusqu’en 1979. Les tireurs visaient un oiseau (parfois appelé « papegai ») accroché dans une herse au sommet d’une perche verticale.
- « les mages se sont plu à leur offrir » : « Plu », participe passé de « plaire », est toujours invariable puisque ce verbe n’a jamais de complément d’objet direct avec lequel s’accorder.
- « ce qu’oient les Dourois dans les soirs de juillet » : Le festival de Dour est organisé dans le courant de ce mois. « Oient » est l’indicatif présent, 3e personne du pluriel, du verbe « ouïr ».
- « diaule », n. fém. : Flûte double, à deux corps, de la Grèce antique.
- « ophicléide », n. masc. : Instrument de musique à air en cuivre et à embouchure, dont le tuyau, à deux branches, est percé de trous fermés par des clefs.
- « buccin », n. masc. : Trompe dont on se servait dans l'Antiquité.
- « oud », n. masc. inv. : Instrument à cordes pincées le plus représentatif des musiques arabo-islamiques savantes et populaires.
- « appogiature » ou « appoggiature »: Note d'ornement, étrangère à l'accord sur lequel elle s'appuie, marquée par une petite note (appogiature longue) ou une note barrée (appogiature brève).
- « gruppetto » : Ornement musical formé d'un petit groupe de notes destiné à remplir un large intervalle dans une mélodie.
- « louré » : Du verbe « lourer » (exécuter une musique d'une manière accentuée, pesante, semblable à celle de la loure).
- « hapax » ou « apax » : Fait de langue (mot, expression, construction) dont il n'existe qu'une seule occurrence dans un corpus donné.
- « rocouées » : Du verbe « rocouer » (teindre avec du rocou, pigment caroténoïde extrait de la cire rouge entourant les graines du rocouyer).
- « roquelaures » : Pluriel de « roquelaure » (manteau d'homme demi-ajusté, boutonné devant et descendant jusqu'aux genoux, qui fut mis à la mode sous Louis XIV).
- « queues-de-morue » ou « queues de morue » : Pluriel de « queue-de-morue » ou « queue de morue » (habit de cérémonie).
- « knickerbockers », n. masc. plur. : Pantalon large et court serré au-dessous du genou, utilisé pour le golf, le ski, l'escalade.
- « pet-en-l’air », n. masc. inv. : Robe de chambre très courte.
- « rockabilly » : Premier type du rock and roll, né de la fusion du blues et de la musique hillbilly et country, interprété par des chanteurs blancs du sud des États-Unis.
- « la vieille plaine houillère » : Le festival de Dour a pour cadre la plaine de la Machine à Feu, autrefois site charbonnier.
- « herscheurs » ou « hercheurs » : Pluriel de « herscheur » ou « hercheur » (autrefois, manœuvre qui faisait du roulage à bras en poussant les berlines dans les mines).
La mine, désaffectée, est toujours présente, témoin les chevalements démesurés qui, tels des squelettes noircis par le temps, dominent la grande plaine immobile. Je ferme les yeux… Dans les entrailles de la terre, les haveurs essoufflés procèdent à l’abattage de la roche tandis que les raucheurs consolident les travers-bancs horizontaux à l’aide de bastaings grossièrement dégrossis.
Amateurs :
Le chef porion surveille l’exhaure des eaux drainées, venant des albraques creusées au tréfonds de la terre et contrôle le volume des stots laissés en place sciemment. Les bures bien aérés retiennent toute son attention.
À l’extérieur de la mine, nimbés de lumière sous un soleil radieux, des enfants blond cendré cueillent des narcisses parfumés.
Professionnels :
À quelques lieues de là, dans la forêt semper virens, le long du ségrais et de la groie, se déplaçant à vau-vent, les chiens courants du vautrait halènent ragots et quartaniers. Quand sonnera la curée, ils se repaîtront avec des délices insoupçonnées de ces suidés zirables, une fois les laisser-courre venus.
Christian LELIEVRE
Cette dictée est les tests seront disponibles la semaine prochaine en mp3. Vous pourrez donc la réaliser chez vous et vous tester
Cette dictée et ces tests sont propriétés de l'asbl MonDour.be, Daniel Charneux et Christian Lelièvre.
Partager écrit par joël, le vendredi 5 mars 2010 à 12:30 ::
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Détails > 2 blablas :: [catégorie Dour] :: billet #66611 ::
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